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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 13:53

débat sur la réforme de la couverture santé se poursuit aux Etats-Unis, sur fond de relents de racisme et de menaces visant directement le premier défenseur du texte: Barack Obama. Lire

Un parlementaire de l'Etat de Washington, qui avait récemment vivement critiqué certains participants à des débats municipaux sur le sujet, les accusant d'avoir "une mentalité de lyncheurs", a transmis à la police un fax de menace à l'adresse du chef de la Maison Blanche.

Le réprésentant démocrate Brian Baird a expliqué que ses services avaient reçu une photo du président américain grimé comme le "Joker", l'un des "méchants" des films de Batman, incarné par Jack Nicholson puis Heath Ledger à l'écran.

Sur le front d'Obama, dont le visage est blanchi, les yeux cerclés de noirs et la bouche élargie par deux cicatrices, on peut voir le symbole communiste de la faucille et du marteau croisés, avec en dessous le message "Mort à tous les marxistes. A l'étranger comme aux Etats-Unis".

Baird a précisé que la police du Capitole avait été informée ainsi que le Secret Service, chargé de la protection rapprochée du président américain.

Un peu plus tôt, David Scott, le représentant démocrate de Géorgie qui est noir, avait découvert une croix gammée peinte sur la façade de son cabinet d'avocat à Smyrna, une banlieue d'Atlanta. Scott a précisé avoir reçu ces derniers jours plusieurs lettres à caractère ouvertement raciste et présentant également Obama comme un communiste.

"Nous devons nous assurer que la croix gammée ne gagne pas. Il y a tellement de haine envers le président Obama (...) Nous ne devons pas nous laisser intimider", a déclaré à l'Associated Press ce parlementaire modéré d'une circonscription à majorité blanche.

Lui aussi a prévenu la police du Capitole et les autres services de sécurité.

Mardi à Portsmouth, dans le New Hampshire (nord-est des Etats-Unis), Barack Obama s'était fait offensif pour soutenir son projet de réforme de la protection sociale (Health Care), priant une foule de citoyens acquis à sa cause de ne pas écouter ceux qui cherchent à "effrayer et égarer le peuple américain".

"Parmi toutes les techniques visant à vous effrayer, il y en a une vraiment effrayante, qui consiste à ne rien faire", avait argumenté le président devant des partisans réunis dans un lycée du New Hampshire.

Soucieux de prouver que les assureurs peuvent tenir tête à une couverture publique, le président a fait une comparaison avec la poste américaine, qui, selon lui, est sans cesse distancée par ses concurrents privés, Fedex et UPS.

Un peu plus tôt, un sénateur républicain passé sur ce dossier au camp démocrate, Arlen Specter, avait été plus chahuté lors d'une réunion publique à Lebanon, en Pennsylvanie. "Les bureaucrates seront encore là après vous", lui avait crié un détracteur. Et un autre: "Mes enfants et mes petits-enfants vont payer pour ça."

Les opposants au projet ont même attaqué le parlementaire, atteint d'un cancer, en estimant que, sans le système de protection sociale actuel, il ne serait plus là pour en parler.
source: AP

Par tietotekniikkaosasto - Publié dans : Monde
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 13:52

L'AFP « aurait-elle soudain peur des pouvoirs ? » Voilà la question que posait ce vendredi le patron de Libération, Laurent Joffrin, dans les pages Rebonds du quotidien. Le titre de sa tribune est déjà une réponse : « L'agence France-frousse ». Rue89 a interrogé la direction de l'agence, ainsi que les principaux médias pourvoyeurs de scoops en France.

Ce que Laurent Joffrin reproche à l'AFP, qui est la source d'information la plus importante des médias français, c'est son « étrange timidité » quand il s'est agi de reprendre trois scoops récents de Libé :

« Cette institution dont on connaît pourtant la qualité professionnelle des journalistes vient de faire preuve d'une pusillanimité, pour ne pas dire d'une complaisance, qui tranche avec sa longue tradition d'indépendance. »

« Publication complaisante et immédiate, comme sur commande, des démentis officiels »

En cause : les révélations, ces derniers mois, des propos peu amènes de Nicolas Sarkozy à l'adresse de José Luis Zapatero, des 5 milliards d'euros de pertes dans une filiale de la Société Générale et, cette semaine, des bonus provisionnés par la BNP pour ses traders. Laurent Joffrin :

« […] L'AFP a préféré par trois fois s'en tenir à la publication complaisante et immédiate, comme sur commande, des démentis officiels. […]

Dans ce système, si Libération écrit que la Terre est ronde et si l'Elysée déclare qu'elle est plate, l'AFP publiera d'abord le démenti élyséen, ou bien mettra à égalité les deux communiqués sans prendre parti ou, au mieux, elle laissera entendre que la vérité se situe entre les deux. »

Tout en précisant qu'« il ne s'agit pas de demander, à l'instar de Frédéric Lefebvre, le roquet inconséquent de l'UMP, la publication automatique des informations diffusées par Libération », Laurent Joffrin pointe l'« incidence civique » du comportement de l'AFP :

« Une information n'a pas le même poids à chaud ou bien une fois les affaires retombées et l'attention publique appelée ailleurs. Le jeu des pouvoirs consiste à cacher les informations gênantes et, quand cette dissimulation est impossible, à les retenir ou à les relativiser jusqu'à ce qu'elles n'aient plus d'importance. L'AFP, dans les trois exemples cités, s'en est faite l'auxiliaire. »(...)

A Mediapart, site indépendant gros pourvoyeur de scoops, le directeur de la rédaction, François Bonnet, confirme un certain malaise :

« Les exemples sont innombrables. Ou bien l'AFP ne nous reprend pas du tout, ou bien ils nous citent en fin de dépêche, alors qu'ils n'apportent rien du tout par rapport à nos révélations. Sur certains secteurs, en particulier les affaires judiciaires à Paris, ils ne reprennent pas. »

Bonnet évoque des scoops sur la Société Générale, sur l'attentat de Karachi :

« Sur certains sujets délicats, ils n'y vont pas en estimant que c'est trop polémique, que ce n'est pas du ressort d'une agence. Mais ce n'est pas nouveau : quand j'étais au Monde, on se bagarrait déjà avec eux. Il y a une part d'autocensure. Et il me semble que depuis un an, tout une série d'informations importantes ont été écrasées. »

A l'inverse, le directeur de la rédaction de Bakchich, Nicolas Beau, trouve lui que son site est « globalement bien traité par l'AFP » :

« C'est vrai qu'ils reprennent rarement les infos si elles ne sont pas “tamponnées” par une action judiciaire, ou validées par des déclarations politiques. Mais ce ne sont pas les seuls dans ce cas. »

Au Canard Enchaîné, « il arrive qu'ils ne nous reprennent pas »

La plupart des journalistes ont quelques copains à l'AFP, ce qui permet d'en savoir plus quand une info ne « passe » pas. Louis-Marie Horeau, rédacteur en chef adjoint du Canard Enchaîné, certainement le média qui sort le plus de scoops en France :

« C'est vrai, il arrive qu'ils ne nous reprennent pas. Mais j'ai vécu des cas dans les deux sens : un ordre de la direction pour “lever le pied” sur une info ou, au contraire, la direction qui reproche aux journalistes de ne pas nous avoir repris sur un scoop. »

Journaliste au Canard, Christophe Nobili se dit « gêné quand l'AFP ne reprend pas des infos qui concernent l'Elysée ».

Son collègue Hervé Liffran, au Canard depuis vingt ans, ne voit pas de changement récent dans le comportement de l'agence. Il regrette le fonctionnement du type « pas de réaction officielle, pas de dépêche », avec sa variante « une dépêche sur le démenti, ce qui permet de parler de l'affaire » :

« Mais quand on sort des scoops colossaux, l'AFP en parle toujours. Ils ont fait immédiatement une dépêche sur l'appartement de Sarkozy [qui avait bénéficié de 300 000 euros d'aménagement gratuit de la part d'un promoteur en contrat avec la ville de Neuilly, ndlr]. Mais ils n'ont pas assuré de “droit de suite” quand Sarkozy a promis de publier “toutes les factures”. Il n'en a publié qu'une. »

Au printemps, Liffran a révélé que le procureur Philippe Courroye, un proche de Nicolas Sarkozy, avait invité à dîner chez lui le PDG du groupe Casino, mis en cause dans une procédure judiciaire, en compagnie du patron du service de police chargé de l'enquête :

« L'AFP n'a rien fait pendant un mois. Ils ont attendu que la juge Siméoni retire sa commission rogatoire au policier pour en parler. »

Tous les journalistes interrogés précisent que l'AFP a évidemment le libre choix, sur les scoops d'importance moyenne, de ne pas les reprendre. « Les problèmes de l'AFP sont ceux de la presse en général », dit même Hervé Liffran.

A Marianne, « des coïncidences troublantes » sur les sondages politiques

A Marianne, le directeur adjoint de la rédaction, Renaud Dély, trouve « assez juste » le terme d'« agence France-frousse », et note des « coïncidences troublantes » sur les sondages réalisés pour l'hebdo par l'institut CSA :

« Il est vraiment très rare que des sondages politiques ne soient pas repris. Or, quand nous publions des sondages médiocres pour le pouvoir, parfois, à notre grand étonnement, l'AFP n'en parle pas. »

Pour son directeur, « il n'y a pas plus d'autocensure à l'AFP qu'ailleurs »

Tous parlent donc d'une manière ou d'une autre de « frilosité », de « prudence », d'« autocensure ». Interrogé sur ce point, le directeur de l'info de l'agence répond très clairement :

« Il n'y a pas plus d'autocensure à l'AFP qu'ailleurs. Notre travail, c'est de publier les informations les plus exactes possibles, et il faut beaucoup de temps pour les vérifier. Et non, je ne pense pas qu'on se soit fait l'auxiliaire de qui que ce soit. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

AFP joffrin journalistes Libération

30541 visites 58 votes

4

De David_Sharp

Journaliste | 07H38 | 10/08/2009 | 

Bonjour, et merci de cette enquête intéressante de Rue89.

Une chose importante dont ne parle pas votre article, par contre : la menace d'un changement prochain du statut de l'AFP.

Les syndicats de l'agence, dont je suis l'un des représentants, craignent à juste titre un projet politique qui aboutirait à brève échéance à la transformation de l'AFP en « société nationale à capitaux publics » - autrement dit une entreprise étatique sous la forme d'une société anonyme - et qui pourrait se solder, dans un deuxième temps, par sa privatisation pure et simple.

Pour contrer ce projet néfaste nous avons lancé une pétition http://www.sos-afp.org.

J'encourage vivement tous les riverains de Rue89 qui se préoccupent de la liberté de la presse à la signer et la faire connaître !

19 votesvoir le commentaire dans son contexte 

A Mediapart, site indépendant gros pourvoyeur de scoops, le directeur de la rédaction, François Bonnet, confirme un certain malaise :

« Les exemples sont innombrables. Ou bien l'AFP ne nous reprend pas du tout, ou bien ils nous citent en fin de dépêche, alors qu'ils n'apportent rien du tout par rapport à nos révélations. Sur certains secteurs, en particulier les affaires judiciaires à Paris, ils ne reprennent pas. »

Bonnet évoque des scoops sur la Société Générale, sur l'attentat de Karachi :

« Sur certains sujets délicats, ils n'y vont pas en estimant que c'est trop polémique, que ce n'est pas du ressort d'une agence. Mais ce n'est pas nouveau : quand j'étais au Monde, on se bagarrait déjà avec eux. Il y a une part d'autocensure. Et il me semble que depuis un an, tout une série d'informations importantes ont été écrasées. »

A l'inverse, le directeur de la rédaction de Bakchich, Nicolas Beau, trouve lui que son site est « globalement bien traité par l'AFP » :

« C'est vrai qu'ils reprennent rarement les infos si elles ne sont pas “tamponnées” par une action judiciaire, ou validées par des déclarations politiques. Mais ce ne sont pas les seuls dans ce cas. »

Au Canard Enchaîné, « il arrive qu'ils ne nous reprennent pas »

La plupart des journalistes ont quelques copains à l'AFP, ce qui permet d'en savoir plus quand une info ne « passe » pas. Louis-Marie Horeau, rédacteur en chef adjoint du Canard Enchaîné, certainement le média qui sort le plus de scoops en France :

« C'est vrai, il arrive qu'ils ne nous reprennent pas. Mais j'ai vécu des cas dans les deux sens : un ordre de la direction pour “lever le pied” sur une info ou, au contraire, la direction qui reproche aux journalistes de ne pas nous avoir repris sur un scoop. »

Journaliste au Canard, Christophe Nobili se dit « gêné quand l'AFP ne reprend pas des infos qui concernent l'Elysée ».

Son collègue Hervé Liffran, au Canard depuis vingt ans, ne voit pas de changement récent dans le comportement de l'agence. Il regrette le fonctionnement du type « pas de réaction officielle, pas de dépêche », avec sa variante « une dépêche sur le démenti, ce qui permet de parler de l'affaire » :

« Mais quand on sort des scoops colossaux, l'AFP en parle toujours. Ils ont fait immédiatement une dépêche sur l'appartement de Sarkozy [qui avait bénéficié de 300 000 euros d'aménagement gratuit de la part d'un promoteur en contrat avec la ville de Neuilly, ndlr]. Mais ils n'ont pas assuré de “droit de suite” quand Sarkozy a promis de publier “toutes les factures”. Il n'en a publié qu'une. »

Au printemps, Liffran a révélé que le procureur Philippe Courroye, un proche de Nicolas Sarkozy, avait invité à dîner chez lui le PDG du groupe Casino, mis en cause dans une procédure judiciaire, en compagnie du patron du service de police chargé de l'enquête :

« L'AFP n'a rien fait pendant un mois. Ils ont attendu que la juge Siméoni retire sa commission rogatoire au policier pour en parler. »

Tous les journalistes interrogés précisent que l'AFP a évidemment le libre choix, sur les scoops d'importance moyenne, de ne pas les reprendre. « Les problèmes de l'AFP sont ceux de la presse en général », dit même Hervé Liffran.

A Marianne, « des coïncidences troublantes » sur les sondages politiques

A Marianne, le directeur adjoint de la rédaction, Renaud Dély, trouve « assez juste » le terme d'« agence France-frousse », et note des « coïncidences troublantes » sur les sondages réalisés pour l'hebdo par l'institut CSA :

« Il est vraiment très rare que des sondages politiques ne soient pas repris. Or, quand nous publions des sondages médiocres pour le pouvoir, parfois, à notre grand étonnement, l'AFP n'en parle pas. »

Pour son directeur, « il n'y a pas plus d'autocensure à l'AFP qu'ailleurs »

Tous parlent donc d'une manière ou d'une autre de « frilosité », de « prudence », d'« autocensure ». Interrogé sur ce point, le directeur de l'info de l'agence répond très clairement :

« Il n'y a pas plus d'autocensure à l'AFP qu'ailleurs. Notre travail, c'est de publier les informations les plus exactes possibles, et il faut beaucoup de temps pour les vérifier. Et non, je ne pense pas qu'on se soit fait l'auxiliaire de qui que ce soit. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

AFP joffrin journalistes Libération

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De David_Sharp

Journaliste | 07H38 | 10/08/2009 | 

Bonjour, et merci de cette enquête intéressante de Rue89.

Une chose importante dont ne parle pas votre article, par contre : la menace d'un changement prochain du statut de l'AFP.

Les syndicats de l'agence, dont je suis l'un des représentants, craignent à juste titre un projet politique qui aboutirait à brève échéance à la transformation de l'AFP en « société nationale à capitaux publics » - autrement dit une entreprise étatique sous la forme d'une société anonyme - et qui pourrait se solder, dans un deuxième temps, par sa privatisation pure et simple.

Pour contrer ce projet néfaste nous avons lancé une pétition http://www.sos-afp.org.

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source: rue 89

Par tietotekniikkaosasto - Publié dans : A Surveiller
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 13:50

Que font nos chères têtes blondes sur le Net quand elles passent des heures et des heures devant leur écran ? Elles consultent des vidéos et effectuent des recherches autour du terme sexe. Voire Porno...

Selon une étude réalisée par la firme de sécurité Symantec Corp, ayant établi une liste des 100 recherches les plus effectuées entre février et juillet de cette année, pour le service OnlineFamily.com, destiné à protéger les surfs des mineurs, on comprend un peu mieux quels sont les comportements des jeunes sur la toile.

En effet, YouTube apparaît en premier dans les recherches que font les minots suivi de près par... Google, que l'on recherche également beaucoup, alors que Yahoo! n'apparaît qu'en 7e position. Facebook et MySpace apparaissent en place 3 et 5... mais la surprise qui n'en sera pas une vient des termes Sexe et Porno, qui sont respectivement classés 4e et 6e dans le top 10 établi par la firme.

Juste de quoi effrayer des parents qui ne sauront pas comment aborder ces questions avec leur enfant, et qui préféreront investir dans un outil permettant de filtrer les contenus visibles et accessibles depuis leur poste plutôt que d'accepter une conversation avec leur enfant. Soit.

Bref, parmi les autres termes favoris de nos petits, on trouvera Michael Jackson, eBay, Wikipedia, Miley Cyrus ou encore Black Eyed Peas. Pour Symantec, cette liste doit montrer aux parents et leur faire prendre conscience des activités en ligne de leur progéniture. Cependant, la firme assure aussi qu'il s'agit également pour les parents de comprendre à quel moment certaines conversations sont peut-être à aborder avec leur enfant.

L'étude repose sur environ 3,5 millions de recherches effectuées durant l'intervalle évoqué.
source: pc impact

Par tietotekniikkaosasto - Publié dans : infos_multimédias
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 13:33

L'émergence de la Chine comme nouvelle puissance économique dans le monde entraîne des bouleversements en Afrique. Jadis contrôlée économiquement et politiquement par l'Occident, de nombreux pays africains nouent aujourd'hui des partenariats économiques avec les puissances émergentes.

La France, qui a longtemps fait de ce continent, essentiellement dans son ancien domaine colonial, une sorte de pré-carré, se trouve en concurrence évidente avec des nouveaux venus. Le contrôle économique du continent noir et l'exploitation de ses ressources naturelles sont devenus un enjeu mettant en opposition les intérêts de grandes puissances.

En accédant à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama a annoncé clairement son souhait de faire du continent africain une priorité de sa politique étrangère. La visite en cours de sa Secrétaire d'Etat sur le continent s'inscrit dans l'ordre de cette priorité.

Au moment où de plus en plus de voix s'élèvent pour poser le problème du développement de ce continent et de sa gouvernance, il nous parait important d'analyser les différentes stratégies entreprises par ces puissances conquérantes afin d'en dégager les convergences avec les besoins propres à l'Afrique.

Des stratégies de coopération

Il n'est point besoin de revenir sur le mode opératoire de la France en Afrique. A titre de rappel, on peut souligner que la stratégie française en Afrique s'appuie sur l'aide au développement, la connivence avec les régimes en place et une exploitation incommodante des richesses naturelles.

Quant à la Chine, elle fonde sa stratégie sur deux niveaux : le financement à des conditions intéressantes des gouvernements en place dans les pays où elle s'installe, obtenant en contrepartie la direction des projets d'infrastructures, ou la concession d'exploitation des ressources naturelles à travers ses firmes. Elle affiche le plus souvent une sorte de neutralité sur la gestion interne des Etats par les dirigeants africains.

La stratégie de la nouvelle administration américaine est, quant à elle, en construction. Elle a été énoncée par le président Obama à Accra. La proposition américaine met l'accent sur deux piliers : la démocratisation des Etats africains et leur bonne gouvernance d'une part ; le renforcement des échanges économiques dans le cadre d'un partenariat responsable et respectueux de l'autre.

Bien que leurs stratégies soient différentes, on peut considérer que les puissances opérant en Afrique sont mues par des intérêts économiques propres. Leur participation au développement de ce continent relève du simple discours officiel, d'une simple stratégie d'implantation ou de coopération. C'est une participation incidente et non volontariste.

Il convient donc à l'Afrique d'approuver, du moins sur le plan théorique, la stratégie la plus en phase avec ses propres besoins vitaux, avec son progrès.

L'Afrique face au paternalisme français

Il serait naïf d'aborder cette question sans suggérer de distinguer les intérêts des dirigeants en place en Afrique avec ceux du peuple.

Les premiers ont des intérêts liés à la préservation de leur pouvoir, le développement économique des Nations qu'ils dirigent ne constituant pas, a proprement parler, une priorité.

En revanche, leurs peuples, longtemps opprimés, aspirent tout naturellement à plus de droits, de liberté, de transparence dans la gestion des Etats. Ils aspirent à la démocratie.

L'Afrique veut sortir du joug de la Françafrique et nous avons déjà fait la démonstration de l'inopérabilité, de l'inadéquation de cette Françafrique avec l'instauration de systèmes de gouvernement démocratiques en Afrique.

La question est donc de savoir si la France peut faire converger ses intérêts avec cette sortie et définir les contours d'une nouvelle relation intégrant l'aspiration des africains à la démocratie et à la bonne gouvernance.

Pour l'heure, nous considérons que les mécanismes de coopération offerts par la France sont totalement inadaptés à la demande de l'Afrique. Les africains sont fondés de refuser d'en partager et la philosophie, et la pratique.

Le pragmatisme chinois

Quant à la Chine, elle semble bénéficier d'un accueil favorable en Afrique, notamment auprès des dirigeants africains. L'Afrique a grand besoin des capitaux chinois, de ses investissements mais aussi de son offre de produits « bon marché ».

Seulement, si l'on considère que la transparence, la bonne gouvernance et la démocratie sont pour l'Afrique des facteurs clés du développement, en se faisant le partenaire de systèmes de gouvernement corrompus et non transparents, la démarche chinoise heurte la sensibilité de l'opinion publique africaine, très attachée de nos jours à l'émergence de systèmes de gouvernements responsables, transparents, respectueux des droits et libertés des citoyens.

Dans les Etats d'Afrique comme le Ghana, le Liberia, l'Afrique du Sud, où l'expérience démocratique tend à s'enraciner, le partenariat chinois est intéressant. Par contre il l'est moins, pour l'intérêt des populations, dans les nombreux Etats où règnent encore des régimes autocratiques corrompus.

Le volontarisme américain

La nouvelle doctrine du « partenariat responsable » énoncée par les autorités américaines semble aller dans le sens d'une implication transcendant la simple exploitation des ressources naturelles, le simple financement ou la seule exécution des projets d'infrastructures.

En déclarant que « le développement dépend de la bonne gouvernance… En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès », le président américain avait annoncé la couleur de ce que les régimes de gouvernement devaient évoluer vers plus de transparence et de démocratie en Afrique.

Cette incursion du discours américain sur le terrain des politiques intérieures des Etats africains est à notre avis l'apport majeur qui distingue la démarche américaine de celles des autres acteurs. D'ailleurs elle ne serait pas sans lien avec le soutien que recueille l'Amérique auprès des peuples d'Afrique, au regard des sondages les plus récents publiés sur le sujet.

Conformes à leur pragmatisme économique habituel, les Etats-Unis soulignent donc la nécessité d'un échange « gagnant-gagnant » avec leurs partenaires africains dans un « new deal » en construction, appuyé sur une exigence de bonne gouvernance des Etats

C'est, à notre avis, la seule offre de partenariat crédible et globale à ce jour.

Cette démarche ne manque pas d'intérêt. Elle constitue une différence notable entre les différents acteurs en œuvre sur le continent africain.

Elle est d'autant plus importante que seul un environnement démocratisé peut offrir le cadre d'un partenariat sérieux et responsable.

En attendant de passer du discours à la réalité.

Source : rue 89

De Yvon le Zébulon

Retraité | 13H18 | 10/08/2009 | 

Il est certain que la France a perdu pied en Afrique, et que sa crédibilité est désormais mise à rude épreuve.

- L'arrivée de la Chine sur le terrain de la coopération avec le continent Africain, semble se présenter sous les meilleurs auspices. La conscience politique des Chinois est à comparer à celle de la France sur le terrain.

* La France a toujours maintenu au pouvoir (au besoin par la force de sa propre armée) des dictateurs ou des potentats locaux qui confondaient leur compte en banque perso avec celui du Pays. Financièrement, sur les minerais ou sur l'exploitation forestière ou pétrolière, la France prenait pratiquement tout !

* La Chine s'y prend autrement, en associant une avancée technologique apportée aux citoyens (sous forme d'infrastructures) - adduction d'eau, électricité, téléphonie, routes, égouts, cablages ou canalisations diverses, puits - …

…en échange des ressources naturelles du pays convoité.

En gros :

- La France échangeait les richesses du pays contre du fric aux dictateurs véreux.

- La Chine troque l'exploitation des mêmes richesses contre un plus de confort aux peuples.

¤ Il me semble que cela fait une sacrée différence !

SURTOUT QU'EN PRIME : La Chine s'interdit toute ingérance politique dans le pays

Par tietotekniikkaosasto - Publié dans : réflexions
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 13:31

Depuis 2008, la commune de Ouagadougou, avec à sa tête son premier responsable, Simon Compaoré, a entrepris le processus de fermeture des chambres de passe. Depuis beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Malgré tout, certaines ont été fermées, d'autres reconverties en maisons d'habitation.

A travers cet écrit, les travailleurs des chambres de passe interpellent le président du Faso, Blaise Compaoré, sur la nécessité d'annuler cette décision du maire parce que les revenus serviraient à nourrir des familles et les taxes pourraient contribuer au développement de la ville.

Excellence, monsieur le président,

Grande fut notre joie lorsqu'en 2005 nous avons appris votre victoire pour l'élection présidentielle. Nous avons cru, au tréfonds de nous-mêmes, que ce mandat serait pour le peuple du Burkina ; le mandat du rachat et de l'apaisement des cœurs.

Parce que votre slogan de campagne, « le progrès continu pour une société d'espérance », était si noble et si juste que nous y avons cru et y avons adhéré massivement en oubliant qu'à la fin cela pourrait devenir pour nous une « société de désespoir pour un redressement continuel ».

Excellence, monsieur le président, Ouagadougou compte, de nos jours, plus d'une centaine de chambres de passe, et chaque chambre emploie à peu près une quinzaine de personnes qui ont des femmes et des enfants à nourrir, à scolariser. Voyez-vous combien de personnes vous allez priver de leur emploi en les envoyant grossir la rue par la fermeture de ces chambres ?

Comment peut-on espérer et progresser quand on vous met volontairement au chômage ? Est-ce cela votre politique ? Flatter le peuple pour avoir ses voix et après être l'artisan de sa misère ? Et le gouvernement qui a toujours crié haut et fort de lutter contre la pauvreté et le chômage ? Ou bien tout cela, c'est pour berner le peuple ? Dans quel pays au monde il n'y a pas de chambre de passe ?

« Il vaut mieux perdre sa vie que son emploi »

Nous faisons ce travail parce que nous n'avons pas pu trouver mieux après avoir perdu nos anciens emplois, ayant été victimes des privatisations et certains des crimes économiques. Nous faisons ce travail pour nourrir nos femmes et nos enfants, en refusant la fatalité, pour notre dignité afin de ne pas dépendre d'autrui.

Excellence monsieur le président, vous êtes un père de famille comme nous, et nous vous supplions, au nom de nos femmes et de nos enfants, de préserver nos emplois. Nous avons déjà perdu une fois nos emplois et Dieu seul sait les souffrances morales et physiques que nous avons endurées. Nous avons passé des nuits et des nuits à regarder nos femmes sans avoir le courage de les approcher.

Comment peux-tu t'approcher de ta femme quand tu n'arrives pas à lui assurer le minimum vital ? Nous avons versé des larmes en regardant nos enfants partir à l'école le matin, le ventre vide, pour ne manger qu'à leur retour à midi et cela, grâce à la générosité des voisins de la cour qui ont été sensibles à nos souffrances en leur donnant quelques plats. Il nous a fallu être mentalement forts pour ne pas penser au suicide mais, malgré tout, certains ont craqué et ne sont plus de ce monde ; nous ne voulons plus revivre cela.

L'emploi est le bien le plus précieux de l'homme sur terre. Il vaut mieux lui prendre sa propre vie que de l'en priver. Nous vous supplions, pour l'amour du ciel et au nom de tout ce qui vous est avez le plus cher dans cette vie, d'annuler cette décision arbitraire du maire, car vous êtes le dernier recours de tous les Burkinabè.

« Taxez chaque propriétaire de chambre de passe de payer 250 000 F CFA »

Excellence monsieur le président, si vous taxez chaque propriétaire de chambre de passe de payer au moins deux cent cinquante mille (250 000) F CFA par mois - et je suis persuadé qu'elles peuvent payer -, cela fera pour le Trésor public une recette mensuelle de vingt-cinq millions (25 000 000) de F CFA.

Cette somme pourrait servir à résoudre beaucoup de problèmes sociaux : elle pourrait servir à construire des amphis pour les étudiants de l'université, des logements pour les enseignants du primaire, à payer des médicaments pour soulager les malades qui viennent à l'hôpital sans moyens.

En donnant ne serait-ce que trois millions chaque mois au service de l'Action sociale, des enfants comme le petit Robert n'auraient pas eu besoin d'un SOS dans le journal l'Observateur paalga, car les services de l'Action sociale s'en seraient chargés discrètement et les parents du petit Robert n'auraient pas eu à étaler leur pauvreté.

Cet argent pourrait également servir à améliorer les conditions de vie des pensionnaires de la MACO, dont Dieu seul sait dans quelles conditions ils vivent. Il n'y a pas d'argent sale, c'est celui qui s'en sert qui en fait du propre ou du sale. Voyez-vous ce que ces chambres peuvent apporter au développement de la ville ?

Excellence monsieur le président, que Dieu Tout-puissant vous donne la sagesse et remplisse votre cœur de pitié, de pardon et d'humilité afin que vous puissiez toujours conduire le peuple du Burkina vers une société d'espérance pour un vrai progrès continu.

Veuillez recevoir, Excellence monsieur le président, nos salutations les plus respectueuses et distinguées.

Zakaria Drabo, délégué des travailleurs des chambres de passe Secteur 15 Ouagadougou

Par tietotekniikkaosasto - Publié dans : sciences humaines
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